Réunir les intelligences
La finance a été le point de départ. Elle ne doit pas nécessairement en être la frontière.
Ce texte décrit un projet : l’espace qu’il évoque n’existe pas encore.
À terme, j’imagine un espace capable de réunir des disciplines et des sensibilités qui sont trop souvent séparées : finance, économie, science, philosophie, art, culture, technologie. Un espace de réflexion. Mais surtout, un espace d’action.
Je souhaite réunir des entrepreneurs, des financiers, des scientifiques, des philosophes, des artistes et des penseurs. Des femmes et des hommes qui ne viennent pas nécessairement du même monde. Qui ne pensent pas nécessairement de la même manière. Qui peuvent parfois même être en désaccord.
Car je ne crois pas que l’intelligence collective naisse de l’uniformité. Elle naît de la confrontation. Du dialogue. De la différence.
Penser ensemble
Les défis auxquels nous sommes confrontés ne respectent aucune frontière entre les disciplines.
Le climat ne relève pas uniquement de la science. La santé ne relève pas uniquement de la médecine. L’économie ne relève pas uniquement de la finance. Le progrès ne relève pas uniquement de la technologie. Et la société ne peut pas être pensée sans regarder l’humain.
Pourquoi alors continuer à séparer les savoirs ? Le projet est de créer un lieu où ces regards puissent se rencontrer. Où les penseurs pourraient dialoguer avec les entrepreneurs. Où les scientifiques pourraient rencontrer les financiers. Où les artistes pourraient échanger avec les chercheurs. Où le capital pourrait rencontrer les idées.
Penser pour agir
Ce lieu ne serait pas seulement un espace de réflexion. Il serait aussi un espace d’action.
L’objectif n’est pas de produire une doctrine supplémentaire. Ni de construire une nouvelle idéologie. Encore moins d’imposer une vision unique du monde. Il s’agit de comprendre. De confronter. Puis d’agir.
Une idée peut devenir une entreprise. Une recherche peut devenir une innovation. Une rencontre peut devenir un projet. Un capital peut donner les moyens à une initiative d’exister. Une œuvre peut changer un regard.
C’est cette circulation entre les mondes qui m’intéresse.
La liberté comme point de départ
Je crois à la liberté. Mais je crois aussi à la responsabilité. Je crois au contrôle lorsqu’il protège. Mais je refuse qu’il devienne une confiscation de la liberté. Je crois à l’égalité. Mais je refuse qu’elle exige l’uniformité. Et je crois profondément à la tolérance des différences.
Un monde meilleur ne sera peut-être jamais un monde dans lequel nous penserons tous de la même manière. Il pourrait être un monde dans lequel nous aurons appris à construire ensemble malgré nos différences.
Commencer
Je ne crois plus qu’il soit nécessaire de convaincre tout le monde pour faire avancer quelque chose. Il suffit parfois de commencer.
Une entreprise. Un investissement. Une œuvre. Une idée. Une rencontre. Une décision. Puis une autre. Et une autre encore.
Le changement ne commence pas toujours au sommet. Il commence parfois à l’endroit précis où quelqu’un décide qu’il peut agir.
C’est cette liberté-là que je veux défendre. La liberté de penser. La liberté d’être. La liberté de créer. La liberté d’entreprendre. La liberté de différer. Et, surtout, la liberté de construire ensemble sans avoir besoin d’être identiques.
Comprendre. Créer. Investir. Transmettre. Agir. Ce ne sont peut-être que des verbes. Mais c’est avec eux que commence, pour moi, une politique concrète.